• Elsa

Accouchement physiologique et harmonie du corps


Accouchement et Physiologique, deux mots qui devraient aller de pair !

Nous vivons une époque où tout est mis en œuvre pour supprimer la douleur, elle ne doit pas exister, nous avons les moyens de la faire disparaître alors faisons le ... Cela remet donc en question le sens même de la douleur qui a pour rôle de prévenir notre corps que quelque chose d'inhabituel se produit.

A force d'effacer cette douleur, ne serions-nous pas entrain de déconnecter l'être humain de son propre corps ?

Accoucher dans la douleur nos mères et nos grands-mères l'ont fait, rien de nouveau pour elles !

Pour ma génération, choisir un accouchement sans anesthésie parait ambitieux et plutôt courageux. En effet, je fais partie de cette génération où 82 % des accouchements se font sous anesthésie péridurale.

Je suis maman de deux enfants, Lou née en 2015 et Amaury en 2018. Dès le début de ma 1ère grossesse, j'avais cette idée d'un accouchement sans péridurale. "Je mange majoritairement des produits locaux, de saison et bio ; je ne prends pas de médicaments ; je fais du sport ... je ne vais tout de même pas envoyer une dose monumentale de produit anesthésiant (ultra acidifiant) dans mon corps", me disais—je ! Mais, cela ne s'est malheureusement pas passé comme je l'avais imaginé !

Je n'étais certainement pas assez préparée ... le travail était très long et la sage—femme insistait lourdement pour que je prenne la péridurale car "l'anesthésiste devait repartir"puis "le travail est trop long vous allez vous épuiser", "reposez vous avec la péridurale tant que l’anesthésiste est là ", puis le mot de la fin "si vous vous fatiguez de trop durant ce travail qui n'en finit pas, vous n'aurez pas assez de force pour la naissance et vous risquez la césarienne"... A ce moment là, j'ai accepté et mon accouchement ne s'est pas du tout passé tel que je l'avais visualisé !

Alors, lorsque j'ai appris que j'étais enceinte pour la 2nde fois,j'ai tout d'abord eu terriblement peur de l'accouchement puis j'ai décidé que cette fois-ci, je serai le seul maitre à bord ! Je me suis persuadée que j'y arriverai !

lien avec bébé Et cerveau archaïque Connecté

- Qu'est ce qu'un accouchement physiologique ? - MON CORPS EST FAIT POUR ACCOUCHER !

Simplement, il y a des conditions qui favorisent ce processus et d'autres qui l'entravent. L'accouchement est un processus spontané mêlant des mécanismes physiques et hormonaux que seul la mère et son bébé savent gérer.

Lorsqu'une femme est prête à accoucher, autant de mécanismes physiques (ouverture du col, descente de bébé dans le bassin) qu'hormonaux (ocytocine, endorphine, adrénaline ...) se produisent.

TOUT est prévu, nul besoin d'un anesthésiant, le corps secrète de l'endorphine, l'ocytocine quant à elle favorise les contractions, la détente et l'attachement et lorsque la tête de bébé arrive contre le périnée, une décharge d’adrénaline nous est envoyée afin d'avoir un maximum d’énergie pour pousser et donner naissance à notre enfant !

Pour que tout cela puisse se dérouler sans entrave, la femme doit lâcher prise, laisser son "cerveau archaïque" prendre le relai. Ainsi, le cocktail hormonal se met en route vers la naissance où devrais je dire la "nait—sens" , ce merveilleux moment où naissent les sens d'un petit être !

La mère qui écoutera son corps durant l'accouchement sera guidée, personne ne peut indiquer à une femme ce qu'elle doit faire pendant le travail ou dans quelle position accoucher, seul son corps lui dira.

Afin de favoriser ce processus naturel, il est important de préparer ce moment avec son conjoint ou accompagnant.

Quand tu fais ce choix, tu fais partie d'une minorité, tu es plutôt apparentée à un drôle d'oiseau, courageux ou idiot (A quoi bon souffrir ai—je entendu !), pas très bien vu par l’anesthésiste lors du rdv OBLIGATOIRE et arrivé le jour J, les équipes médicales ont pour habitude de pratiquer des accouchements sous péridurale, et, la majeure partie des sages femmes proposent donc plusieurs fois la péridurale tout au long du travail, elles viennent poser des questions, vérifier l'évolution du travail ... toutes ces intrusions que demandent le protocole.

Sauf qu'une naissance respectée ne répond pas aux critères du protocole, pour le respect du moment et le bon déroulement des mécanismes physiologiques, la femme doit être dans une bulle, SEULE connectée à son BÉBÉ, afin d'être à l'écoute de son corps et de cet enfant prêt à naître.

Ainsi, il est important que l'accompagnant soit l'intermédiaire entre le corps médical et la mère, il se chargera de donner les documents nécessaires, de répondre aux questions pendant que la mère en devenir reste concentrée sur son travail.

RESPIRATION ET VISUALISATION

Toute l'attention doit être portée sur la respiration.

J'ai se souvenir ancré en moi où je suis assise sur un ballon face au lit, mon homme est assis sur une chaise derrière moi, il me masse le dos avec douceur, je suis complètement détendue, la tête baissée. Lorsque je sens une contraction monter, je prends une grande inspire en relevant la tête, le soleil m’éblouis à travers la fenêtre de la chambre, il me donne une force monumentale, je contrôle la contraction afin qu'elle ne s'éclate pas dans tout mon corps mais plutôt de la guider vers mon périnée afin de l'aider à accomplir son travail, faire descendre mon bébé.

A chaque contractions je visualise mon bébé descendre d'avantage.

La douleur a un sens, elle permet au corps de recevoir la force nécessaire pour pousser ce petit Être de plusieurs Kilos hors de sa mère.

Il est donc important d'accompagner la douleur et non de lutter contre.

Il y aura peut être quelques moments où la douleur prendra le dessus mais grâce à la visualisation du travail, et à l'accompagnement de la contraction avec le souffle, nous pouvons rapidement revenir dans notre bulle et reprendre ce travail méditatif.

LA POSITION

Il y a plusieurs positions à privilégier et, je pense que la position allongée n'est pas une position qui facilite l'accouchement.

En effet, cette position ne favorise pas la descente de bébé et donc le travail.

Je ne penses pas qu'il soit possible de choisir une position à l'avance et de se préparer ainsi. La position vient le jour J, certaines femmes changent de positions plusieurs fois au cour du travail, d'autres se sentent bien et gardent une seule et même position.

MON EXPÉRIENCE

Pour ma part, le travail est trèèèès long, je le savais de part mon 1er accouchement et je n'y ai pas échappé lors du second !

Le col étant déjà ouvert depuis 2 mois, après 5h de contractions bien régulières mais peu douloureuses nous sommes partis à la clinique. Le travail avait du mal à se mettre en place alors, nous en sommes repartis pour vivre le bal des premières contractions en se promenant dans le joli centre ville de Rouen, nous avons petit déjeuner, discuté avec des gens qui avaient peur que j'accouche sur place (petit clin d'oeil à l'association "amnesty internationnal" avec qui nous avons bien discuté et le restaurant "rythm n' food" qui nous a préparé de merveilleux burger végétariens pleins de bonnes Vibes !

En prenant du recul, c'est vrai que ce n'est pas très ordinaire de discuter avec un couple dont la femme s'agrippe au bras de son homme en respirant profondément toutes les 2/3 minutes.


De retour à la clinique, pratique du ballon et postures de YOGA pour favoriser la descente de bébé. A ce sujet, je vous conseille le livre de Mell CAMPBELL "YOGA et Méditation pendant la grossesse". Un livre superbe, avec des postures et des méditations guidées mois par mois. Je suis restée assise sur le ballon plusieurs heures prenant d'amples inspirations pendant la montée des contractions (nul besoin d'une machine de type monitoring pour vous indiquer lorsqu'elles montent je vous assure !) Mon compagnon me massait le dos durant les phases de repos et tapait avec l'arrête de ses mains type massage un peu plus vif pendant les contractions, je n'avais besoin de lui parler qu'avec des mots simples, oui, non, plus doux, plus fort, arrête... Un échange bref qui me permettait de rester concentrée et connectée à mon bébé.

Nous avons eu la chance d'être accompagnés par une sage femme discrète, elle s'installait à nos côtés et regardait simplement mon comportement et après quelques mots agréables elle ressortait sauf lors de son dernier passage où elle m'a demandé de vérifier l'état du col. Résultat : col dilaté à 5, il est 17h ... Le travail est long et douloureux, je fais le calcul, mon corps travaille depuis 15h !


Étonnamment, la sage femme nous propose de passer en salle de naissance, elle me dit qu'elle sent le travail s'accélérer.


Dans une salle nature, tout est à disposition pour aider à l'accouchement physiologique, un grand lit rond, des draps pour se suspendre, une grande baignoire ...

Je n'ai malheureusement pas eu le temps d'aller dans la baignoire :—(

De peur que cela ralentisse le travail je n'ai pas voulu y aller trop vite, préférant attendre le moment où la douleur deviendrait "ingérable".

Finalement, le travail que nous avions fait jusque là a payé puisque dès que bébé s'est engagé dans le bassin il est né quelques minutes plus tard.

Je suis ainsi passée d'un col dilaté à 5 à la naissance de mon fils en 53 minutes !

Cet accouchement s'est terminé en beauté, assise sur un petit tabouret Hollandais, dans les bras de mon homme, lui même assis sur une chaine derrière moi.

Je garde donc cette merveilleuse image de mon bébé et moi enveloppés dans les bras de mon cher et tendre !

Chacun trouve sa place, à chacun son rôle. Ainsi, la naissance et la grossesse se vivent ensemble.

Pendant la grossesse, la femme porte l'enfant. L'homme porte la femme et l'enfant, il la soutient et l'accompagne jusqu'au dernier instant.

Et après,

Pour ce qui est du après, vos jambes n'étant pas anesthésiées, vous pouvez vous lever, aller aux toilettes .... des choses totalement banales me diriez vous ! Avec péridurale, ça n'est pas possible aussi vite.

Côté récupération, la différence entre l'accouchement avec péridurale et l'accouchement physiologique est flagrante.

Dans le 1er cas, je suis restée de longs mois fatiguée.

Il faut savoir que qu'en tu accouches sous anesthésie, ton corps n'a pas conscience qu'il réalise un tel effort, il met donc beaucoup plus de temps à mettre en place tout le processus naturel de récupération.

Lors du second accouchement, j'ai eu un ressenti tout autre. J'étais tellement heureuse d'avoir accompli mon projet, que je me suis sentie libre et forte.

J'avais cette impression que je pouvais accomplir tout ce que je voulais ! Je n'ai pas eu de gros état de fatigue tel que je l'avais vécu plusieurs mois auparavant et ça, ça n'a vraiment pas de prix !


Conclusion

Alors, oui accoucher sans péridurale c'est possible et les générations antérieures vous le diront. Mais elles vous diront aussi que c'est incroyablement douloureux parce qu'elles n'étaient pas préparées à cette douleur.

Les quelques moments où je n'ai pas anticipé les contractions ont étaient vraiment douloureux mais, sincèrement, ce ne sont que de courts moments.

S'il y a bien un point à mémoriser, c'est celui—ci : maitriser la douleur est réellement possible, il suffit de reprendre le contrôle à chaque fois que ce dernier nous échappe en donnant un sens à la douleur et en visualisant bébé descendre.


La douleur n'est pas la pour faire mal, elle fait partie intégrante du processus de naissance. En ne laissant pas la contraction s'éclater dans le corps, mais en la guidant avec la respiration et la force mentale, la puissance de la contraction prend tout son sens et propulse un peu plus bébé vers l'extérieur.


Cet accouchement s'est conclu par des larmes de ma part mais aussi de cette merveilleuse femme qui m'a serrée dans ses bras et m'a remerciée de lui avoir fait vivre un moment aussi intense.

Merci à elle ! La vie vous met parfois sur votre chemin des personnes magnifiques qui vous permettent de vivre des moments tel que vous n'auriez jamais oser les rêver.


Merci d'avoir pris le temps de me lire,


Elsa


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