• Elsa

150km à pieds en corse - récit complet



2014, épris de libertés nous partons découvrir ce sentier mythique qui se nomme GR20, sentier qui saura nous apprendre bien des choses et nous remettre à notre place de petits humains expérimentateurs.


C'est LE point de départ des réflexions qui nous amènent aujourd'hui à un changement de vie total !


Nous partions en autonomie avec 2 sacs à dos ou devrais-je dire 2 énormes sacs à dos, et BIG notre Jack Russell.

L'idée => partir 3 semaines en autonomie, aller le plus loin possible sur le GR20 puis passer les jours restants sur d'autres sentiers tels que le Mare è Monti.


Départ et 1ère nuit agitée !

Un vol Paris Bastia, une bonne heure de marche en plein cagnard, 2h30 de bus et une navette, plus tard, nous arrivons en fin de journée au gite étape de CONCA.

On se dit qu'on se fait plaisir avec un p'tit resto car c'est le dernier avant un moment, on prend le temps ... et on ne fait pas vraiment attention à l'heure qui tourne.

Résultat : il ne reste qu'un emplacement franchement pas terrible pour monter la tente, il fait quasiment nuit, on monte la tente "à l’arrache" !

Conséquences : une nuit bien agitée dans une tente où nous n'arrivons pas à nous étendre, le vent et le sable qui s'engouffrent à plusieurs reprises et tout ça, le long de l'allée menant aux sanitaires !


Notes à moi même : 1. La priorité quand tu arrives sur un spot c'est de monter ta tente !

2. il n'est pas possible de planter des sardines de tente dans la montagne ! A l'avenir, assure toi de mettre des gros cailloux pour tenir le tout ! (Avantage : des cailloux sur le GR, il n'en manque pas ! )


Conca => I Paliri


Le lendemain, nous partons tard et fatigués en direction d'I Paliri, nous avançons trop lentement et comprenons vite pourquoi ! ... nos sacs !

Nos sacs à dos sont bien trop lourds (j'en parle ici) !

Tout au long de cette étape, on discute avec plusieurs personnes et ils nous disent systématiquement que l'on semble bien chargés et sincèrement, on commençait à le ressentir !

En fin de journée, Jérémy me disait "bon écoutes, si le refuge n'est pas en haut de cette côte on s'arrête ici pour dormir!" et quelques mètres plus loin, nous entendions une voix, semblant provenir de la cime des arbres, un randonneur bienveillant qui nous attendait et nous criait : " plus que 500 m, you've done it, you've done it".

Ah c'que c'est bon d'arriver, de lâcher le sac et de se poser !

A notre arrivée, le refuge était fermé ! Des randonneurs déjà installés nous proposent de partager leurs bières tout en nous aidant à réorganiser nos sacs à dos et vendre/donner le matériel non nécessaire.

C'est à 21h que nous prendrons le chemin de notre tente en nous promettant de rester posés ici le lendemain afin de se réorganiser pour la suite.


Note à moi même : Prend uniquement le strict nécessaire, ne t'alourdit pas de trop !


I PALIRI, découverte d'un refuge magnifique


On se réveillera donc, le jour de mes 26 ans dans un endroit purement splendide.

A la fraiche, lorsque tous les randonneurs furent repartis vers le nord ou le sud,ce lieu devenait magique.

Au milieu des montagnes, la mer comme horizon, nous nous retrouvons dans un endroit rustique où lorsque tu demandes où se trouve la douche on te répond : "La douche ?! ... Tu descends par là, dans la forêt, plusieurs mètres après le panneau, surtout ne fait pas demi tour ! Tu seras sur le bon chemin ! ... Eh, au fait, serres les dents !!" Ah ben là c'est clair, tu ne passes pas 1 quartz d'heure sous la douche ! Un bout de tuyau en guise de douchette, de l'eau bien fraiche et ça fait l'taf !


On se sentait tellement bien dans ce lieu, entourés d'un gardien de refuge et une habituée du sentier, que nous y passerons 2 jours.


Note à moi même : prendre le temps, profiter du moment présent !


I PALIRI => Asinau


C'est donc plein de bonnes vibes que nous repartions en direction du refuge d'Asinau. On se rechargera en eau à la source d' I Paliri puis la rando débutera par un beau sentier aménagé dans une pente plutôt raide à remonter.

Après un magnifique point de vue sur les aiguilles de Bavella, le golfe de porto-Vecchio et la Sardaigne, on redescendra par un sentier en lacets pour remonter vers une piste en terre qui nous mènera au frais dans une magnifique forêt de résineux.

Un passage dans Bavella, avant de redescendre dans le maquis et de tomber sur un panneau nous proposant la "variante Alpine", que nous ne suivrons pas, préférant continuer d'arpenter ce magnifique sentier dessiné en balcon sur la vallée.

Après le franchissement d'un ruisseau et une dernière belle montée, nous arriverons au refuge d'Asinau.

Nous nous posons et discutons avec des randonneurs venant de la partie Nord du sentier. Ils nous conseillent lors de nos prochaines étapes de suspendre nos sacs de provisions dans les arbres afin d'éviter la venue de nos amis les sangliers qui n'hésitent pas à défoncer les tentes pour sortir les sacs et en dévorer le contenu !

C'est au beau milieu des vaches que nous passerons la nuit. Drôle de sensation que de se lever la nuit et de contourner une vache pensant que c'était une tente !


Note à moi même : Partir tôt ça pique mais ça t'offre un grand confort de marche.


Asinau => I Croci


C'est tôt le matin que nous repartions par une pente très raide, granitique, une pente où, tel un singe, tu te sert régulièrement de tes 4 membres !

Avant de partir, alors que nous replions le camp, nous avions bien constaté la lenteur de l'ascension des autres randonneurs partis plus tôt ! Nous l'expérimentions à notre tour et furent ravis d'arriver ensuite auprès du plus haut sommet de la Corse Sud, l'Alcudina.

Comme d'habitude sur le GR, après une montée, vient une descente ! Nous redescendions donc de cette crête vers le plateau du Cuscionu.

Un sentier tranquille avec pour seul obstacle, un taureau qui faisait sa sieste sur le chemin ! Aux côtés d'un randonneur local, nous prenions une leçon de "comment faire fuir un taureau !"

Courte étape, nous nous poserons ce jour là aux anciennes bergeries d'I Croci où les douches sont chaudes et les sandwichs faits avec amour !!


Petite anecdote croustillante : nous vivrons une nuit plutôt agitée, un animal rodant autour de notre tente, une respiration forte, il semble que ce soit un animal relativement gros, il se prend les pied ... devrais-je dire les sabots dans les cordes de la tente ... c'est un âne !!


Note à moi même : Dès 3 / 4 jours de marche, les douleurs et courbatures des premiers jours s'effacent (elles ne réapparaitront que lors de la dernière étape !)


I CROCI => USCIOLU ... du paradis à l'enfer


Ce matin là, nous avions pris un délicieux petit déjeuner au refuge et nous partions en direction d'un ruisseau que nous longerons à travers pozzine et forêt de hêtres. Un paysage sublime sous un soleil particulièrement agréable, ce fût un véritable bonheur.

Un détail nous rattrape ! Nous sommes partis trop tard !

Après avoir atteint les crêtes, le ciel se couvrait rapidement de nuages bien sombres.

Nous étions là, à 1800m sur une arrête faitière de la montagne corse, le tonnerre et les éclairs éclataient juste là, tout prêt de nous !

L'impression que la foudre allait nous tomber dessus devenait de plus en plus forte, nous nous abriterons plusieurs minutes sous un gros rocher vouté. BIG, quant à lui était effrayé, son instinct l'appelé à descendre !

La pluie et le vent vinrent s'inviter à leur tour à ce scénario digne d'un bon film d'aventure. Une pluie torrentielle !

Afin d'éviter de rester bloqués la nuit dans la montagne, nous décidons de continuer la progression de cette étape. Le sol était glissant et nos appuis complètement instables.

Alors que le sentier se transformait en torrent nous avancions sur ces crêtes de montagne, ces pointes rocheuses à franchir !

Jérémy portait BIG sous le bras, nous étions loin d'être sereins avec un gros orage au dessus de la tête et un sol ultra glissant sous les pieds !

Mais, généralement, quand la vie t'envoie des difficultés, elle t'envoie la valise des solutions avec ... et cela fût le cas ce jour là !

3 randonneurs allemand, faisant ce GR pour la 2nde fois étaient sur le point de nous rattraper, leurs sacs à dos légers et leur expérience leur permettait d'avancer bien plus vite que nous ! On terminera l'étape avec eux, Jérémy avec le chien sous le bras et leur aide précieuse pour passer nos sacs et les bâtons lors de certains franchissement où simplement une main tendue pour d'autres !


Notes à moi même : 1. Partir tôt en montagne n'est pas qu'une question de confort mais une néce confort mais une nécessité !

2. Il y a toujours quelqu'un pour t'aider !

cjfjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjjj 3. Le poids du sac à dos est primordial pour l'agilité !


Suite à ce périple, nous sommes arrivés au refuge littéralement trempés de la tête aux pieds ! Le contenu de nos sacs à dos n'y a pas échappé non plus ! Obligés de louer une tente pour la nuit et, pour pas s’ laisser abattre on y ajoutera une bouteille de vin, l'adjectif "bonne" n'est pas d'usage pour cette bouteille mais elle suffira au réconfort des randonneurs tourmentés que nous étions !


La nuit fût fraiche et humide malgré les bonnets, les gants et BIG en guise de bouillotte !

La pluie continua de tomber et, certains randonneurs ont dû creuser une tranchée devant leur tente pour éviter d'être inondés.


Au petit matin, nous apprenions qu'un couple de randonneur avait passé la nuit sur les crêtes de la montagne.

Le bulletin météo du jour n'était pas terrible, beau le matin et un orage en prévision à partir de 13h : identique à la veille. La gardienne du refuge nous indiquait que dans ce contexte, il était préférable d'attendre 1 jour ou 2 avant de repartir car l'étape que nous nous apprêtions à entamer nous menée directement sur l'arête faîtière la plus touchée par la foudre de Corse !


Le Topo guide nous indiquant une liaison vers le village de Cozzano à moins de 3h de marche, nous optons pour cette option et préférons donc arrêter notre progression sur ce tumultueux sentier pour redescendre plus bas, là où les orages sont moins fréquents et moins violents.


Note à moi même : En montagne, la météo est bien plus forte que toi ! Alors laisse ton Ego de côté et acceptes !


USCIOLU => Cozzano


Avec la conviction de revenir un jour, nous redescendions à travers une forêt de hêtres, sur un sentier assez raide. Nous y croiserons un homme à dos de cheval en chemin pour ravitailler le refuge d'Usciolu. Deux chevaux le suivaient plusieurs mètres derrière, semblant connaitre le chemin par cœur.

S'en suivront des rencontres avec des cochons, des vaches et un chasseur qui de la fenêtre de son pick-up nous indiquera un raccourcis ... raccourcis un peu flippant mais il nous a économisé une bonne demi heure de marche !


Note à moi même : Une descente est nettement plus douloureuse pour les articulations qu'une montée !


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PORTO-VECCHIO => BONIFACIO => PROPRIANO


Bus, stop et marche nous permettrons de découvrir des endroits magnifiques de la Corse sud !


RANDO A STRADA VECIA MADONETTA

C'est non loin du port de Bonifacio que nous avons emprunté un sentier bordé de murets. On s'enfoncera dans le maquis avant de découvrir la magnifique plage du Fazzio. Grimpette sur une falaise pour longer le littoral et découvrir des vues spectaculaires.

Une randonnée d'une dizaine de kilomètres très agréable qui permet de découvrir des endroits accessibles uniquement par la mer ou à pieds !


Note à moi même : Nul besoin d'un grand sentier de randonnée pour voir des paysages magnifiques !


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MARE E MONTI SUD (à notre sauce!)

L'itinéraire du Mare é Monti sud nous plaisait bien. L'idée ? Rejoindre Porticcio depuis Propriano. Seulement cet itinéraire prévoit un parcours principalement en forêt or, nous avions envie de longer d'avantage la côte.

On fera donc notre "popotte" en suivant à peut près le Topo.


Propriano => olmeto


Pour cet étape, nous avons préféré longer la mer, pendant 12km, itinéraire plutôt tranquille. On s'arrêtera pour dormir dans un camping à quelques pas de la mer.


OLMETO => CUPABIA


Nous continuons par la côte, qui décidément nous offre des paysages plus beaux les uns que les autres. L'arrivée sur la plage de Cupabia restera gravée dans nos mémoires. En effet, le sentier t'offre un point de vue magnifique sur la baie de Cupabia à travers une forêt et petit à petit tu y descends et te retrouves sur cette vaste plage où se trouve un camping.


CUPABIA => BISINAO


Pour cette étape, on décidera de suivre l'itinéraire du Mare é Monti où on cheminera dans une forêt de chênes avant de s'engager dans le maquis !

Un chemin agréable, tellement agréable qu'on en perdra les traces du balisage jaunes et rouges !

Cadeaux du jour : détour de 2km et un point de rechargement en eau complètement sec mais quelques kilomètres plus tard, un autochtone bien aimable acceptera volontiers de remplir nos gourdes ! Il en faut peu pour être heureux !

On s'enfoncera de nouveau dans le maquis avant d'arriver dans ce mignon petit village nommé BISINAO.

Village doté d'une petite épicerie tenue par un homme bien agréable où nous passerons la soirée à boire de la pierre locale avec des habitants du village !


BISINAO => PORTICCIO


Dernière étape du Mare é Monti Sud, elle nous emmènera à nouveau dans le maquis où nous rencontrerons un bélier et son troupeau ... que nous réussirons à faire fuir sans difficultés grâce au bruit de nos bâtons grattant le sol !

La fin de ce sentier nous offrira un magnifique point de vue sur le golfe d'Ajaccio, nous descendrons tranquillement vers la plage.

Nos sacs à dos nous font mal, l'impression qu'ils nous écrasent ! Ils sont pourtant bien plus légers qu'au début de cette aventure.

Dernière étape de randonnée = mental qui lâche et apparition des premières douleurs !


RETOUR SUR LE GR20 : VIZZAVONA


Retour en métropole dans 2 jours, le temps pour nous de prendre la fameuse ligne de chemin de fer Corse qui traverse l'île au travers des montagnes et nous offrira des points de vues imprenables sur mer et montagne.

Arrivés en gare de Vizzavona, nous nous dirigerons vers le refuge afin de passer une dernière nuit en tente. Nous sourions lorsque nous voyons des randonneurs galérer à monter leur tente, c'était leur première, ils s'engageaient sur le GR20 en direction de CONCA. Après leur avoir souhaiter un bon chemin, nous posions nos sacs afin de faire un petit bout d'étape du GR vers la cascade des Anglais.

Comme c'est plus agréable sans sac à dos !


VIZZAVONA / BASTIA et nuit mouvementée


Nous reprendrons le train en direction de Bastia qui nous offrira encore de magnifiques paysages, le train s'arrête au milieu de nul part, ce n'est rien, seulement un cochon sauvage qui mangeait des glands sur la voie de chemin de fer ! Le train redémarre et nous voilà à Bastia pour une dernière nuit quelque peu mouvementée !

Notre vol étant au petit matin, pas de camping à proximité de l'aéroport et des hôtels hyper cher, nous avions prévu de dormir dans l'aéroport. Oui mais, ça ne sait pas vraiment passé ainsi !

A 21h, on nous indique que l'aéroport sera fermé à partir de 23h et ré-ouvrira à 5h le lendemain matin.

OK ! pas de plan B, Jérémy va chercher un endroit pour bivouaquer aux alentours mais franchement les alentours de l'aéroport ne sont pas très engageants. Il fait le tour et ne trouve rien.

Comme je le faisait remarquer dans le paragraphe "I CROCI => USCIOLU", quand tu te trouves en difficultés, il y a toujours quelqu'un pour t'aider et ce fût à nouveau le cas !

Jérémy fit la rencontre d'un homme qui nous invita à poser notre tente sur son terrain à quelques pas de l'aéroport.


Notre aventure en Corse se terminera ainsi, avec une main tendue !

Je peux donc vous dire, via cette article que les Corses ne méritent pas leur réputation de population inhospitalière.

Effectivement quand tu es dans les lieux et villes touristiques les escroqueries sont fréquentes mais comme dans toutes les grandes villes et lieux touristiques !!!


Les Corses, ceux que nous avons rencontré dans les montagnes, sont généreux et bienveillants.

Plusieurs d'entre eux nous ont fait passer par leurs terres pour écourter notre chemin ou nous permettre de poser notre tente, d'autres ont simplement pris le temps de bavarder avec nous alors que nous traversions leur village quand d'autres nous ont rechargés en eau, fait de bons sandwich avec amour ou encore offert de bonnes bières Corse au Bistrot du village !


Ils sont conservateurs ? Qui ne voudrait pas garder à l'abri ces terres magnifiques des promoteurs immobilier ? Quant à cette faune et cette flore grandiose, qui ne souhaiterai pas la protéger ?


Une question ? laissez moi un commentaire, je me ferai un plaisir d'y répondre !


Merci d'avoir pris le temps de me lire,


Elsa

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